# Circuit du Vietnam du nord au sud : quel itinéraire suivre ?
Le Vietnam s’étire sur plus de 1 650 kilomètres du golfe du Tonkin aux eaux calmes du delta du Mékong, offrant une diversité géographique et culturelle qui en fait l’une des destinations les plus prisées d’Asie du Sud-Est. Traverser le pays du nord au sud permet de saisir l’ampleur de cette richesse : rizières en terrasses sculptées par les minorités ethniques, baies karstiques inscrites au patrimoine mondial, cités impériales chargées d’histoire et mégapoles vibrantes. Choisir le bon itinéraire conditionne la réussite de votre voyage, que vous disposiez de dix jours ou de trois semaines complètes.
La question du rythme se pose immédiatement : faut-il privilégier un parcours express concentré sur les incontournables ou prendre le temps de découvrir des étapes moins fréquentées ? Le climat tropical et la mousson imposent également leurs contraintes selon les régions visitées. Entre vols intérieurs, trains de nuit et bus couchettes, les options de transport influencent directement l’expérience vécue. Chaque voyageur construit son propre Vietnam, en fonction de ses centres d’intérêt, de son budget et de sa tolérance aux longs trajets.
Itinéraire classique hanoi – baie d’halong – hoi an – saigon en 15 jours
Ce parcours de quinze jours constitue le socle idéal pour découvrir les sites emblématiques du Vietnam sans précipitation excessive. Il commence dans la capitale millénaire, traverse les paysages marins du golfe du Tonkin, s’attarde dans les anciennes cités impériales du centre, puis se termine dans l’effervescence du Sud. Vous bénéficiez ainsi d’un équilibre entre visites culturelles, découvertes naturelles et moments de repos, tout en limitant les temps de transport à des durées raisonnables.
L’avantage majeur de cet itinéraire réside dans sa flexibilité : chaque étape peut être ajustée selon vos préférences personnelles. Souhaitez-vous consacrer une journée supplémentaire à l’exploration du vieux quartier d’Hanoi ou préférez-vous prolonger votre séjour balnéaire à Hoi An ? La structure permet ces ajustements sans bouleverser l’équilibre général. Les liaisons entre les grandes villes sont bien établies, avec des options de transport variées adaptées à tous les budgets.
Hanoi et le quartier des 36 corporations : exploration du vieux quartier
La capitale vietnamienne mérite au minimum trois jours pleins pour saisir son atmosphère unique. Le vieux quartier, avec ses ruelles étroites organisées par métiers traditionnels, constitue un labyrinthe fascinant où chaque rue porte encore le nom de la corporation qui s’y installait autrefois : rue de la Soie, rue des Herboristes, rue des Ferblantiers. Levez-vous tôt pour observer les habitants pratiquer le tai-chi autour du lac Hoan Kiem, puis perdez-vous dans ce dédale urbain où les façades coloniales côtoient les maisons-tubes traditionnelles.
Le Musée d’Ethnographie offre une introduction indispensable aux 54 ethnies officiellement reconnues au Vietnam, avec des reconstitutions grandeur nature d’habitations traditionnelles dans ses jardins extérieurs. Le Temple de la Littérature, première université du pays fondée en 1070, témoigne de l’importance accordée au savoir confucéen dans la culture vietnamienne. Ne manquez pas une représentation au Théâtre des Marionnettes sur l’eau, art populaire millénaire où les personnages évoluent sur un plan d’eau au
milieu d’un décor de rizières et de buffles. Réservez vos billets à l’avance, surtout en haute saison, car ce spectacle de marionnettes sur l’eau est très prisé des familles vietnamiennes comme des voyageurs.
Pour un premier contact en douceur avec la cuisine vietnamienne, profitez de votre séjour à Hanoi pour tester les spécialités locales : phở bò (soupe de nouilles au bœuf), bún chả (vermicelles de riz et porc grillé) ou encore le fameux café aux œufs. S’installer sur un tabouret en plastique en bord de trottoir, un bol fumant à la main, fait partie intégrante de l’expérience. Pensez simplement à toujours boire de l’eau en bouteille et à privilégier les échoppes fréquentées par les locaux pour limiter les risques digestifs.
Croisière nocturne dans la baie d’halong et l’île de cat ba
Depuis Hanoi, comptez environ trois à quatre heures de route pour rejoindre le port d’embarquement de la baie d’Halong ou de Lan Ha. L’idéal pour un circuit du Vietnam du nord au sud est d’y consacrer deux jours et une nuit sur une jonque traditionnelle. Cette formule vous permet de profiter pleinement des paysages karstiques classés à l’UNESCO, au-delà des simples croisières à la journée souvent trop rapides.
La plupart des croisières suivent un programme similaire : navigation entre les pains de sucre, visite d’une grotte aux stalactites spectaculaires, baignade ou sortie en kayak dans une crique isolée, puis coucher de soleil sur le pont supérieur. Passer la nuit à bord, au milieu de centaines d’îlots émergeant de la brume, demeure un moment fort de tout voyage du nord au sud. Le lendemain matin, un réveil au lever du jour et une initiation au tai-chi sur le pont complètent cette parenthèse hors du temps.
Pour éviter l’affluence de la baie d’Halong classique, de plus en plus de voyageurs choisissent l’option baie de Lan Ha ou baie de Bai Tu Long, au départ de Hai Phong ou de l’île de Cat Ba. Cat Ba, plus sauvage, offre de belles possibilités de randonnée dans son parc national et de séjour balnéaire simple entre deux étapes culturelles. Si votre planning le permet, prévoyez une nuit supplémentaire sur l’île avant de reprendre la route vers le centre du pays.
Hue et la cité impériale : traversée du col des nuages
Après la croisière, un transfert vers Hanoi puis un vol intérieur vous mèneront à Hué, l’ancienne capitale impériale située au centre du Vietnam. La ville, posée sur les rives de la rivière des Parfums, séduit par son rythme plus paisible et son patrimoine historique exceptionnel. La Cité impériale, inspirée de la Cité interdite de Pékin, rassemble palais, temples, portes monumentales et pavillons entourés de fossés et de jardins.
Prévoyez une demi-journée pour déambuler dans l’enceinte de la citadelle, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Malgré les destructions liées aux conflits du XXe siècle, de nombreuses parties ont été restaurées ou sont en cours de reconstruction. Les mausolées des empereurs Nguyen, disséminés sur les collines au sud de la ville, offrent quant à eux un mélange unique d’architecture, de symbolisme bouddhiste et de paysages lacustres. Le tombeau de Minh Mang, entouré de pins et de bassins, est particulièrement harmonieux.
Entre Hué et Da Nang, la RN1 franchit le mythique col des Nuages (Hai Van Pass), qui sert de frontière climatique entre Nord et Sud. Si vous voyagez en voiture privée ou en moto, demandez à emprunter l’ancienne route panoramique plutôt que le tunnel : vous serez récompensé par des points de vue spectaculaires sur la baie de Lang Co et sur la côte centrale. Faire une pause au sommet, devant les vestiges de fortifications françaises, permet de saisir à la fois l’importance stratégique et la beauté de ce passage.
Vieille ville de hoi an et sanctuaire de my son
À une trentaine de kilomètres au sud de Da Nang, Hoi An est souvent considérée comme la ville la plus charmante du pays. Ancien port marchand prospère entre les XVe et XIXe siècles, elle a su conserver un centre historique aux maisons jaunes, lanternes colorées et toitures de tuiles moussus. Inscrite au patrimoine mondial, la vieille ville se découvre idéalement à pied ou à vélo, tôt le matin ou en soirée lorsque les lanternes s’illuminent.
Sur un circuit Vietnam nord-sud de 15 jours, consacrez au moins deux nuits à Hoi An. Promenez-vous sur le fameux pont-pagode japonais, visitez quelques maisons de négociants chinois et arrêtez-vous dans les ateliers de lanternes pour fabriquer la vôtre. Les tailleurs et cordonniers sur mesure sont nombreux ; prévoyez 24 à 48 heures si vous souhaitez faire réaliser un costume, une robe ou des sandales en cuir. À quelques kilomètres, la plage d’An Bang ou de Cua Dai offre une agréable parenthèse balnéaire.
À une heure de route dans l’arrière-pays, le sanctuaire de My Son constitue une excursion incontournable pour les amateurs d’archéologie. Cet ancien centre religieux du royaume cham, souvent surnommé le « Angkor vietnamien », abrite une série de tours-temples en briques, entourées de collines boisées. Bien que partiellement endommagé pendant la guerre, le site garde une atmosphère mystique, surtout en visite matinale lorsque la brume se dissipe lentement. Emportez de l’eau et des vêtements légers mais couvrants : la chaleur peut être écrasante selon la saison.
Delta du mékong : marchés flottants de cai be et can tho
Pour clore ce circuit classique du Vietnam du nord au sud, direction Ho Chi Minh Ville (Saigon) puis le delta du Mékong. Une fois arrivé dans la métropole du Sud, bouillonnante et contrastée, accordez-vous au moins une journée pour visiter la cathédrale Notre-Dame, la poste centrale, le marché Ben Thanh et le Musée des vestiges de guerre. Le lendemain, partez pour deux jours dans le delta, véritable labyrinthe de bras de fleuve, de vergers et de villages sur pilotis.
Les marchés flottants de Cai Be ou de Cai Rang (près de Can Tho) se visitent à l’aube, lorsque les bateaux grossistes chargés de fruits et de légumes se regroupent au milieu du fleuve. Chaque embarcation arbore en haut d’une perche le produit vendu en gros : ananas, pastèques, choux… Un guide local vous aidera à comprendre le fonctionnement de ces échanges traditionnels, en mutation face à l’essor des routes et des marchés terrestres. Passer la nuit chez l’habitant ou dans un lodge en bord d’arroyo permet d’apprécier le calme du delta une fois les bateaux de jour repartis.
En journée, des balades en sampan sur les petits canaux ombragés vous conduiront vers des ateliers familiaux de fabrication de bonbons de coco, de galettes de riz ou de briques. Le delta du Mékong est également un paradis pour la dégustation de fruits tropicaux : mangoustans, ramboutans, jacquiers, fruits du dragon… Une bonne façon de terminer un circuit Vietnam nord-sud est de revenir à Saigon avec, en mémoire, ce contraste saisissant entre mégapole verticale et campagne aquatique.
Circuit express du tonkin au delta du mékong en 10 jours
Vous ne disposez que d’une dizaine de jours de vacances mais souhaitez tout de même relier Hanoï à Saigon ? Un circuit express du Vietnam du nord au sud en 10 jours reste possible, à condition d’accepter quelques vols intérieurs et de vous concentrer sur l’essentiel. L’idée n’est plus de tout voir, mais de goûter à chaque grande région : Nord culturel, centre balnéaire ou historique, et Sud dynamique avec un aperçu du Mékong.
Pour optimiser ce voyage condensé, il est recommandé de limiter les changements d’hébergement et de privilégier les trajets directs, notamment en avion entre Hanoï, Da Nang et Ho Chi Minh Ville. Les étapes montagneuses comme Sapa ou les hauts plateaux centraux sont plus difficiles à intégrer sur un si court séjour, sauf à sacrifier d’autres expériences clés comme la baie d’Halong ou le delta du Mékong.
Hanoi – ninh binh : la baie d’halong terrestre de tam coc
Sur un itinéraire de 10 jours, vous pouvez réduire le temps passé à Hanoï à deux nuits, en concentrant vos visites sur le vieux quartier, le lac Hoan Kiem et un ou deux sites majeurs comme le Temple de la Littérature. Dès le troisième jour, cap sur Ninh Binh, à environ deux heures de route au sud de la capitale. Cette région, surnommée « baie d’Halong terrestre », condense en quelques kilomètres des paysages de pics karstiques et de rizières inondées.
À Tam Coc ou Trang An, vous embarquerez sur une petite barque à rames manœuvrée par des rameuses locales – parfois avec les pieds, selon une technique étonnante. La rivière serpente entre les falaises couvertes de végétation, pénètre dans des grottes basses et débouche sur des vallées secrètes. En fonction de la saison, les rizières apparaissent vert tendre (au printemps) ou dorées (avant la récolte, généralement en mai-juin et septembre-octobre). Louer un vélo pour explorer les villages alentour vous donnera un bon aperçu de la vie rurale du nord Vietnam.
Pour gagner du temps sur votre circuit Nord-Sud, Ninh Binh peut remplacer la baie d’Halong classique : vous profitez ainsi d’un paysage karstique en immersion, tout en évitant le détour jusqu’aux ports d’embarquement maritimes. Une nuit sur place suffit dans un programme serré, à condition de partir tôt de Hanoï et de réserver à l’avance votre hébergement, idéalement dans un homestay avec vue sur les falaises.
Vol direct hanoi – da nang : optimisation du temps de transport
À l’issue de votre étape à Ninh Binh, retour vers Hanoï ou transfert direct vers l’aéroport de Noi Bai pour un vol interne vers Da Nang. Les compagnies locales, comme Vietnam Airlines ou VietJet Air, assurent plusieurs liaisons quotidiennes entre Hanoï et Da Nang, avec un temps de vol d’environ 1h20. Ce saut en avion vous évite de longues heures de route sur la RN1 et vous permet de consacrer davantage de temps à Hoi An, véritable pivot de votre circuit Vietnam 10 jours.
Une fois arrivé à Da Nang, un transfert de 30 à 45 minutes suffit pour rejoindre Hoi An. Si votre planning est serré, deux nuits sur place permettent déjà de profiter de la vieille ville, de faire un tour en vélo dans la campagne et, pourquoi pas, de déguster un cours de cuisine vietnamienne. Vous pouvez également réserver une demi-journée pour le sanctuaire de My Son si l’histoire vous passionne ; dans le cas contraire, privilégiez la détente et la découverte culinaire, souvent plus appréciées sur un séjour court.
Le dernier tronçon de ce circuit express consiste à prendre un vol direct Da Nang – Ho Chi Minh Ville, là encore très fréquent. En moins de deux heures, vous basculez de la douceur de la côte centrale à l’effervescence du Sud. Réserver vos vols intérieurs plusieurs semaines en avance vous permettra d’obtenir de meilleurs tarifs et d’éviter les mauvaises surprises de dernière minute.
Ho chi minh ville et tunnels de cu chi en deux jours
Sur un programme de 10 jours, Ho Chi Minh Ville se découvre en deux nuits : une première soirée pour prendre la mesure de la ville, puis une journée complète d’exploration urbaine ou historique. Commencez par le centre : cathédrale Notre-Dame (actuellement en rénovation à certains moments), poste centrale, hôtel de ville, opéra… Ces monuments rappellent l’époque coloniale française, tout en s’insérant dans un paysage de gratte-ciel et de centres commerciaux ultramodernes.
Le Musée des vestiges de guerre, parfois éprouvant, offre un éclairage indispensable sur les conflits récents et leurs conséquences humaines. Pour prendre un peu de hauteur, rendez-vous en fin de journée au sommet d’une tour panoramique, comme la Bitexco Financial Tower, afin de contempler la ville illuminée et le flot interminable de scooters. Les rues de Bui Vien ou de Nguyen Hue, très animées le soir, vous donneront un aperçu de la vie nocturne saïgonnaise.
Si vous souhaitez approfondir la dimension historique de votre voyage du nord au sud, une excursion d’une demi-journée aux tunnels de Cu Chi s’impose. Situé à environ 60 à 70 km de la ville, ce réseau souterrain utilisé par les combattants vietcongs pendant la guerre du Vietnam impressionne par son ampleur et son ingéniosité. La visite, souvent combinée avec un trajet retour en bateau rapide sur la rivière Saigon, permet de mieux comprendre la résistance vietnamienne et les conditions de vie de l’époque.
Ben tre et ses arroyos : immersion fluviale dans le delta
Pour clôturer ce circuit express du Tonkin au Mékong, consacrez un ou deux jours au delta. Si le temps vous est compté, privilégiez la région de Ben Tre, à environ deux heures de route au sud de Ho Chi Minh Ville. Moins touristique que Can Tho, elle offre un visage plus intimiste du Mékong, avec ses canaux bordés de cocotiers et ses petites fermes familiales.
Une journée type à Ben Tre comprend une balade en bateau sur le bras principal du Mékong, puis la découverte de petits arroyos à bord d’une barque à rames. Vous ferez halte dans des ateliers artisanaux (bonbons de coco, briqueteries, nattes tressées) et dégusterez des fruits frais dans un verger. Un trajet en vélo ou en xe loi (pousse-pousse motorisé) au milieu des cocotiers complète l’immersion. Si votre budget et votre timing le permettent, passer une nuit dans un homestay au bord de l’eau vous fera vivre la douceur des soirées tropicales, au rythme du chant des grenouilles et des geckos.
En seulement 10 jours, ce type d’itinéraire nord-sud reste forcément sélectif, mais il vous donnera une vue d’ensemble cohérente du pays, avec un enchaînement fluide entre Hanoï, Ninh Binh, Hoi An, Saigon et le Mékong. Vous pourrez ensuite, lors d’un second voyage, revenir explorer plus en profondeur les montagnes du Nord ou les hauts plateaux du Centre.
Route panoramique sur la RN1 : de hanoï à phu quoc via les hauts plateaux
Pour les voyageurs disposant de trois semaines ou plus, un circuit Vietnam du nord au sud par la route permet d’embrasser toute la diversité du pays, au prix de quelques longues journées de transport. Plutôt que d’enchaîner les vols intérieurs, vous suivez progressivement la colonne vertébrale du Vietnam, la RN1, en la quittant régulièrement pour explorer des régions de montagne, de grottes ou de hauts plateaux caféiers.
Ce type d’itinéraire s’adresse aux voyageurs qui aiment les transitions lentes, les paysages qui changent au fil des kilomètres et les étapes moins fréquentées par le tourisme de masse. Il combine généralement Nord montagneux (Sapa ou Ha Giang), centre karstique (Phong Nha – Ke Bang), hauts plateaux de Dalat, côte balnéaire (Nha Trang, Mui Ne) et séjour final sur une île comme Phu Quoc.
Sapa et les rizières en terrasses des hmong et dao
Depuis Hanoï, un train ou un bus de nuit vous emmène à Lao Cai, porte d’entrée vers Sapa. Nichée à plus de 1 500 mètres d’altitude, cette petite ville de montagne domine une vallée de rizières en terrasses, cultivées par les ethnies Hmong, Dao, Tay ou Giay. La meilleure période pour un circuit nord-sud incluant Sapa se situe entre mai et octobre, lorsque les rizières sont inondées puis verdoyantes avant de jaunir à l’approche de la récolte.
Sur place, l’essentiel réside dans les randonnées : quelques heures ou plusieurs jours, avec nuit chez l’habitant. Marcher de village en village, croiser les femmes en costumes traditionnels brodés et partager un repas autour d’un feu de bois offre une immersion rare dans la vie des minorités montagnardes. Les marchés hebdomadaires de Bac Ha, Can Cau ou Coc Ly, selon le jour, valent également le détour pour leurs étals colorés et leur ambiance animée.
Si vous préférez une expérience encore plus sauvage et moins développée touristiquement, vous pouvez envisager de remplacer Sapa par la région de Ha Giang, plus au nord-est. Les routes en corniche y sont plus exigeantes, mais les paysages de pics rocheux, de cols vertigineux et de villages isolés sont parmi les plus spectaculaires du Vietnam. Dans tous les cas, prévoyez au moins trois à quatre jours au Nord pour amortir les temps de trajet et vous acclimater.
Phong Nha-Ke bang : grottes de son doong et paradise cave
En redescendant vers le centre du pays, la prochaine grande étape naturelle est le parc national de Phong Nha – Ke Bang, situé dans la province de Quang Binh. Classé à l’UNESCO, ce massif karstique abrite l’un des systèmes de grottes les plus étendus du monde, dont la célèbre Son Doong, longtemps considérée comme la plus grande grotte traversable de la planète. Les expéditions vers Son Doong sont très onéreuses et limitées en nombre, mais il existe de nombreuses alternatives plus accessibles.
Paradise Cave (Thien Duong) impressionne par la hauteur de ses salles et la finesse de ses concrétions, accessibles via un sentier aménagé et des passerelles en bois. La grotte de Phong Nha, quant à elle, se visite en bateau sur une rivière souterraine, offrant une atmosphère plus mystérieuse. Si vous aimez l’aventure douce, des excursions combinant kayak, baignade dans les rivières turquoise et spéléologie légère sont proposées sur une journée ou deux.
Pour intégrer Phong Nha à votre long circuit Vietnam nord-sud, vous pouvez rejoindre Dong Hoi en train depuis le Nord, puis continuer en bus ou en voiture jusqu’au village de Son Trach, base principale des hébergements. Comptez deux à trois nuits sur place pour ne pas transformer cette étape en simple parenthèse logistique. Pensez à emporter de bonnes chaussures fermées et un vêtement de pluie léger : le climat y est souvent humide.
Dalat et les plantations de café sur le plateau du langbian
Après avoir longé la côte ou visité Hué et Hoi An, une option intéressante consiste à obliquer vers l’intérieur des terres pour rejoindre Dalat, capitale des hauts plateaux du Langbian. Perchée à environ 1 500 mètres d’altitude, cette ville fondée par les colons français pour échapper à la chaleur des plaines jouit d’un climat tempéré, voire frais le soir. Surnommée les « Alpes vietnamiennes », elle se distingue par ses collines de pins, ses lacs artificiels et ses villas d’inspiration européenne.
Au-delà de la ville en elle-même, l’intérêt majeur de Dalat réside dans ses environs : plantations de café et de fleurs, cascades comme Pongour ou Datanla, fermes de fraises, et villages des minorités K’Ho. Une journée à moto ou en excursion guidée vous permettra de visiter une exploitation de café, de comprendre le processus de récolte et de torréfaction, et de déguster différentes variétés de robusta et d’arabica locaux. C’est également une excellente étape pour randonner ou pratiquer des activités de plein air comme le canyoning.
Dans un circuit nord-sud de trois semaines, deux à trois nuits à Dalat créent une respiration bienvenue après la chaleur du centre ou du sud du pays. La ville est desservie par un petit aéroport (liaisons depuis Hanoï et Saigon) et par des bus depuis Nha Trang ou Mui Ne, ce qui facilite son intégration dans un itinéraire par la route sur la RN1 avec détours vers les plateaux.
Nha trang et mui ne : escales balnéaires sur la côte est
Sur la côte orientale, Nha Trang et Mui Ne figurent parmi les principales escales balnéaires des circuits Vietnam nord-sud. Nha Trang, grande ville balnéaire dotée d’une longue plage urbaine, attire pour ses possibilités de plongée, de snorkeling et ses excursions vers les îles proches. L’arrière-pays abrite également des tours cham, comme Po Nagar, qui rappellent l’influence hindouiste dans la région.
Mui Ne, plus petite et plus décontractée, est connue pour ses dunes de sable blanc et rouge, sculptées par le vent, et pour son sentier des fées, un canyon aux allures de décor lunaire. Les amateurs de kitesurf apprécient ses vents réguliers pendant la saison sèche. En revanche, le littoral est parfois sujet à l’érosion, et certaines parties de la plage peuvent être étroites à marée haute ; mieux vaut choisir avec soin son hébergement et vérifier les avis récents.
Sur un itinéraire de longue durée, vous pouvez combiner les deux stations ou en choisir une seule selon vos envies : Nha Trang pour l’animation et les activités nautiques variées, Mui Ne pour le contraste entre mer et désert. Dans tous les cas, veillez à ne pas multiplier exagérément les nuits balnéaires au détriment d’autres régions plus singulières : l’objectif reste de garder un bon équilibre entre mer, montagne, culture et nature.
Période optimale et logistique inter-régionale pour un circuit nord-sud
Réussir un circuit du Vietnam du nord au sud ne consiste pas seulement à choisir les bonnes étapes ; il faut aussi composer avec la météo et la logistique. Le pays s’étirant sur plus de 1 600 km, les conditions climatiques peuvent être très différentes entre Hanoï, Hué et Saigon au même moment. De même, le choix entre avion, train de nuit, bus couchette ou voiture privée impacte fortement votre confort et votre temps disponible sur place.
Avant de fixer vos dates, interrogez-vous : êtes-vous prêt à tolérer quelques averses pour profiter de rizières bien vertes, ou préférez-vous voyager en saison globalement sèche quitte à supporter davantage de chaleur ? Avez-vous un budget permettant de multiplier les vols intérieurs, ou souhaitez-vous optimiser les trajets terrestres, quitte à passer quelques nuits dans les transports ? Les réponses à ces questions orienteront naturellement la construction de votre itinéraire.
Mousson et climat tropical : fenêtres météorologiques par région
Le climat vietnamien se divise grossièrement en trois zones, chacune avec sa propre saisonnalité. Au Nord (Hanoï, baie d’Halong, Sapa), l’hiver s’étend de novembre à mars, avec des températures pouvant descendre en dessous de 15°C et un ciel souvent gris. Le printemps (mars-avril) et l’automne (octobre-début novembre) offrent en général des conditions plus clémentes pour un circuit Nord-Sud, avec des températures douces et moins de pluie.
Au Centre (Hué, Hoi An, Da Nang, Phong Nha), la saison des pluies et des typhons se concentre entre septembre et novembre. Certaines années, des inondations importantes peuvent perturber les déplacements autour de Hué et Hoi An. La meilleure période pour visiter cette zone se situe entre février et mai, lorsque le ciel est le plus souvent dégagé et la mer relativement calme. Enfin, au Sud (Saigon, delta du Mékong, Phu Quoc), la saison sèche s’étend de décembre à avril, avec un pic de chaleur autour de mars-avril, tandis que la saison des pluies (mai-novembre) se caractérise par de fortes averses brèves plutôt que par une pluie continue.
Pour un grand itinéraire Vietnam du nord au sud, les mois de mars-avril et d’octobre-début novembre constituent donc des compromis intéressants, même si la météo reste par nature imprévisible. Gardez en tête que les rizières en terrasses de Sapa ou Mu Cang Chai sont particulièrement photogéniques juste avant les récoltes (septembre-octobre), tandis que certaines îles comme Phu Quoc sont plus agréables entre décembre et mars.
Vietnam airlines versus trains de nuit : comparatif des liaisons intérieures
Pour relier les grandes régions du pays, deux options principales s’offrent à vous : les vols intérieurs et les trains de nuit. Les compagnies aériennes vietnamiennes (Vietnam Airlines, VietJet Air, Bamboo Airways) proposent de nombreuses liaisons quotidiennes entre Hanoï, Da Nang, Hué, Nha Trang et Ho Chi Minh Ville. Les temps de vol dépassent rarement 2 heures, ce qui permet de gagner une journée complète de visites par rapport à un trajet terrestre.
En revanche, multiplier les vols a un coût, tant financier qu’écologique, et impose de se rendre en avance à l’aéroport, de passer les contrôles et de supporter parfois des retards. Les trains de nuit, quant à eux, offrent une expérience plus « voyage » : vous montez à bord en fin de journée, dormez dans une cabine couchette (de 4 ou 6 lits), et vous réveillez le matin dans une nouvelle ville. La ligne Hanoï – Hué – Da Nang, par exemple, est réputée pour ses paysages côtiers, surtout au lever du soleil.
Pour un circuit Vietnam nord-sud équilibré, beaucoup de voyageurs combinent les deux : un ou deux vols sur les plus longues distances (par exemple Hanoï – Da Nang et Saigon – Phu Quoc), et un train de nuit sur un tronçon emblématique. Réserver à l’avance, surtout en haute saison et pendant les fêtes locales comme le Têt (Nouvel An lunaire), est essentiel pour obtenir les classes souhaitées. Si vous voyagez en famille ou entre amis, pensez à réserver une cabine entière pour plus d’intimité.
Open bus et sleeping bus : réservation des trajets hanoi – saigon
En complément de l’avion et du train, le Vietnam dispose d’un réseau dense de bus longue distance, dont les fameux sleeping bus avec sièges inclinables façon couchette. De nombreuses compagnies privées proposent des billets « open bus » permettant de relier Hanoï à Saigon en s’arrêtant à Hué, Hoi An, Nha Trang ou Mui Ne selon vos envies. Cette solution est souvent économique et flexible, particulièrement appréciée des voyageurs au long cours et des backpackers.
Cependant, il faut garder à l’esprit que le confort à bord varie fortement selon les compagnies, et que les normes de conduite et de sécurité peuvent surprendre les voyageurs occidentaux. Les trajets de nuit peuvent être fatigants, surtout sur plusieurs jours consécutifs. Pour un circuit Nord-Sud en famille ou si vous avez un sommeil léger, mieux vaut limiter le nombre de longues distances en bus et privilégier les trajets de jour sur des portions plus courtes.
La réservation peut se faire via les hôtels, les agences locales ou des plateformes en ligne spécialisées. Vérifiez toujours les avis récents et n’hésitez pas à investir quelques euros de plus pour une compagnie réputée, dotée de bus récents et de chauffeurs expérimentés. Un bon compromis consiste à utiliser le sleeping bus pour un tronçon stratégique (par exemple Hoi An – Nha Trang) afin de gagner une nuit d’hébergement, tout en évitant d’enchaîner les nuits « roulantes ».
Extensions thématiques hors des sentiers battus : mai chau, phu yen et con dao
Une fois votre circuit Vietnam du nord au sud structuré autour des grandes étapes (Hanoï, baie d’Halong ou Ninh Binh, Hué, Hoi An, Saigon, Mékong), il est possible d’y greffer quelques extensions plus confidentielles. Ces détours, souvent d’une ou deux nuits, vous permettront de sortir des circuits classiques et d’explorer des régions encore préservées du tourisme de masse.
Selon vos centres d’intérêt – randonnée douce, plages sauvages, plongée ou histoire – vous pouvez orienter ces extensions vers la montagne, la côte centrale ou les îles du Sud. L’idée n’est pas de tout ajouter, au risque de transformer votre itinéraire en course contre la montre, mais de choisir une ou deux parenthèses qui donneront une saveur unique à votre voyage.
Vallée de mai chau et homestay chez les thai blancs
À environ trois à quatre heures de route au sud-ouest de Hanoï, la vallée de Mai Chau constitue une excellente alternative à Sapa pour ceux qui disposent de peu de temps ou préfèrent éviter les sites très fréquentés. Les villages de la minorité Thai blanche y sont installés dans une vaste cuvette entourée de montagnes, au milieu de rizières irriguées par un réseau de canaux. L’atmosphère y est paisible, surtout en dehors des week-ends.
La plupart des voyageurs logent dans des maisons sur pilotis transformées en homestays, offrant un confort simple mais chaleureux : matelas sur tatami, moustiquaires, repas pris en commun, parfois accompagnés de danse traditionnelle et d’alcool de riz local. Une à deux nuits suffisent pour profiter de balades à vélo entre les champs, de randonnées faciles vers les villages voisins et d’un aperçu des activités agricoles quotidiennes. C’est une option idéale pour ajouter une touche « campagne authentique » à un circuit Vietnam nord-sud de 2 semaines.
Pour ceux qui aiment la marche, la réserve naturelle de Pu Luong, un peu plus au sud, permet de prolonger cette immersion rurale avec des paysages de rizières en terrasses et de forêts de bambous. L’accès nécessite toutefois un peu plus de temps et une logistique plus élaborée, à insérer de préférence dans un voyage de trois semaines plutôt que dans un court séjour.
Plages sauvages de phu yen : bai xep et ganh da dia
Sur la côte centrale, entre Quy Nhon et Nha Trang, la province de Phu Yen reste largement en dehors des grands circuits touristiques. Pourtant, elle offre certaines des plus belles plages du pays, encore peu construites, ainsi que des curiosités géologiques comme Ganh Da Dia, un ensemble de colonnes basaltiques hexagonales évoquant la Chaussée des Géants en Irlande. La petite plage de Bai Xep, bordée de cocotiers, attire quelques voyageurs en quête de tranquillité.
Intégrer Phu Yen à un itinéraire Vietnam du nord au sud par la côte suppose généralement de voyager en train ou en bus entre Hoi An, Quy Nhon, Tuy Hoa (chef-lieu de la province) et Nha Trang. Sur place, les déplacements se font en taxi ou en scooter, avec une offre d’hébergements encore limitée mais en croissance : quelques guesthouses, homestays et petits resorts à taille humaine. L’absence de grands complexes hôteliers garantit pour l’instant une ambiance préservée.
Si vous rêvez de vous réveiller face à une plage quasi déserte, de déguster du poisson grillé dans une gargote en bord de mer et de vous balader dans des villages de pêcheurs encore authentiques, Phu Yen mérite de figurer sur la liste courte de vos extensions possibles. Prévoyez au minimum deux nuits pour amortir le temps de transport et réellement profiter de la douceur des lieux.
Archipel de con dao : plongée et histoire pénitentiaire
Au large de la côte sud-est, l’archipel de Con Dao combine plages de carte postale, eaux translucides propices à la plongée et mémoire historique forte. L’île principale, Con Son, abrite en effet l’ancien bagne de Poulo Condor, utilisé successivement par l’administration coloniale française puis par le régime sud-vietnamien. La visite des anciens bâtiments carcéraux, des « cages à tigres » et du cimetière de Hang Duong offre un contraste saisissant avec la beauté naturelle du site.
Pour rejoindre Con Dao dans le cadre d’un circuit sud Vietnam, le plus simple est d’opter pour un vol direct depuis Ho Chi Minh Ville (environ 45 minutes). Quelques bateaux au départ de Vung Tau existent mais demandent plus de temps et peuvent être inconfortables selon l’état de la mer. Une fois sur place, comptez trois à quatre jours pour profiter des plages quasi désertes, des sentiers de randonnée dans le parc national et, en saison, de l’observation des tortues marines venant pondre leurs œufs.
Les infrastructures touristiques de Con Dao restent limitées, avec un mélange de petites guesthouses et de quelques resorts haut de gamme. Les tarifs sont généralement plus élevés que sur le continent, en raison de l’isolement et de la logistique d’approvisionnement. En contrepartie, vous bénéficierez d’une rare sensation d’isolement et d’un rythme insulaire parfait pour terminer en douceur un long circuit Vietnam du nord au sud.