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Le Cap-Vert, cet archipel atlantique fascinant, attire chaque année des milliers de visiteurs en quête de soleil, de plages paradisiaques et d’authenticité africaine. Parmi les dix îles qui composent cet ensemble volcanique, deux destinations émergent comme les favorites des voyageurs : Sal et Boa Vista. Ces îles sœurs, situées dans le groupe des Barlavento (îles du vent), présentent des caractéristiques distinctes qui rendent le choix parfois complexe. Sal séduit par ses infrastructures touristiques développées et ses spots de sports nautiques mondialement reconnus, tandis que Boa Vista charme par ses étendues désertiques préservées et ses plages sauvages à perte de vue. Cette décision cruciale influence directement l’expérience de voyage, entre confort moderne et authenticité naturelle.

Géographie et topographie comparative de boa vista et sal

Relief et formations géologiques de boa vista : dunes de viana et désert de viana

Boa Vista se distingue par son relief singulier, façonné par des millénaires d’érosion et de sédimentation. L’île présente un territoire majoritairement plat, ponctué de formations dunaires spectaculaires qui évoquent les paysages sahariens. Les dunes de Viana constituent l’un des phénomènes géologiques les plus remarquables de l’archipel, s’étendant sur plusieurs kilomètres carrés au centre de l’île. Ces monticules de sable fin, sculptés par les vents alizés persistants, atteignent parfois plus de 50 mètres de hauteur et offrent des panoramas saisissants sur l’océan Atlantique.

Le désert de Viana complète ce tableau géologique unique, créant un contraste saisissant avec les côtes bordées de plages immaculées. Cette zone aride, caractérisée par ses étendues rocailleuses et ses formations de grès érodé, témoigne de l’histoire volcanique ancienne de l’île. La végétation y est rare et adaptée aux conditions extrêmes, composée principalement d’acacias épineux et de plantes grasses endémiques. Cette topographie particulière confère à Boa Vista une atmosphère mystique, où le silence du désert rencontre la mélodie des vagues.

Topographie plate de sal : salines de pedra de lume et monte grande

L’île de Sal présente une géomorphologie radicalement différente, héritée de son passé d’exploitation saline intensive. Son relief, particulièrement plat avec une altitude moyenne inférieure à 100 mètres, facilite les déplacements terrestres et le développement des infrastructures touristiques. Les salines de Pedra de Lume constituent l’attraction géologique emblématique de l’île, nichées dans un ancien cratère volcanique aujourd’hui inactif. Ces bassins d’évaporation naturelle, exploités depuis le XVIIIe siècle, créent des paysages surréalistes aux reflets cristallins.

Monte Grande, point culminant de Sal à 406 mètres d’altitude, offre un observatoire naturel sur l’ensemble de l’île et les îles voisines par temps clair. Cette formation volcanique ancienne, érodée par les siècles, présente des flancs aux couleurs ocre et rouge qui contrastent avec l’azur de l’océan environnant. La végétation y est clairsemée mais révèle une biodiversité endémique adaptée aux sols salins et aux conditions arides. Ces caractéristiques topographiques confèrent à Sal une identité géologique unique, marquée par l’exploitation minière historique et la beauté austère des paysages volcaniques.

Superficie et densité démographique : analyse comparative des deux îles

Les dimensions respectives de Sal et Boa Vista révèlent des différences significatives qui influencent directement l’expérience touristique. Sal s’étend sur 216 kilomètres carrés, contre 620 kilomètres carrés pour Boa Vista, soit près de trois fois la superficie. Cette disparité se traduit par des densités de population contrastées : Sal accueille environ 33 000 habitants permanents, créant une densité de 153 habitants par kilomètre carré, tandis que Boa Vista ne compte que 9 000 résidents pour une densité de 15 habitants par kilomètre carré.

Ces données démographiques impactent considérablement l’ambiance générale de chaque destination. Sal présente une animation plus soutenue, particulièrement dans la zone touristique de Santa Maria, où se concentrent les commerces, restaurants et activités nocturnes. À l’inverse, Boa Vista conserve une atmosphère plus paisible et authentique, où les vastes espaces prédominent et où les rencontres avec la population locale revêtent un caractère plus intime. Cette différence de peuplement influence également la préservation des écosystèmes naturels, Boa Vista bénéficiant d’une pression anthropique moindre sur ses environnements fragiles.

Climat aride et précipitations annuelles moyennes

Le climat des deux îles s’inscrit dans la classification tropicale aride, caractérisé par des températures constamment élevées et des précipitations limitées. Les données météorologiques révèlent des nuances importantes entre les deux destinations. Sal enregistre une pluviométrie annuelle moyenne de 95 millimètres, concentrée principalement entre août et octobre, tandis que Boa Vista reçoit légèrement plus d’humidité avec 130 millimètres par an, répartis sur la même période.

Les températures moyennes oscillent entre 24°C en période fraîche (janvier-mars) et 29°C durant les mois les plus chauds (août-octobre) sur les deux îles. Cependant, l’exposition aux vents alizés diffère sensiblement : Sal subit des vents plus soutenus, avec des pointes à 35 nœuds en période d’harmattan, créant des conditions idéales pour les sports nautiques mais pouvant perturber les activités de détente balnéaire. Boa Vista bénéficie d’une protection naturelle partielle grâce à son relief et sa position géographique, offrant des zones plus abritées propices au farniente.

Positionnement géostratégique dans l’archipel du Cap-Vert

La localisation de Sal et Boa Vista au sein de l’archipel capverdien détermine leur accessibilité et leur rôle de portes d’entrée touristiques. Sal occupe une position centrale dans le groupe des îles du Barlavento, facilitant les connexions vers Santo Antão, São Vicente et São Nicolau. Cette situation stratégique explique en partie le développement précoce de ses infrastructures aéroportuaires et son statut de hub régional pour les compagnies aériennes internationales.

Boa Vista, positionnée à l’extrémité orientale de l’archipel, bénéficie de sa proximité relative avec la côte africaine et les îles Canaries. Cette localisation influence les courants marins et les migrations d’espèces marines, faisant de l’île un sanctuaire privilégié pour les tortues de mer et les cétacés. Le positionnement géographique conditionne également les liaisons inter-îles , Boa Vista étant plus facilement accessible depuis Santiago et Fogo, tandis que Sal constitue un point de départ idéal pour explorer les îles du nord de l’archipel.

Infrastructure touristique et capacité d’hébergement

Complexes hôteliers tout-inclus de sal : RIU palace et melia llana

L’île de Sal s’est positionnée comme la destination phare du tourisme balnéaire capverdien grâce à une infrastructure hôtelière sophistiquée et diversifiée. Le RIU Palace Cabo Verde illustre parfaitement cette montée en gamme, proposant 1 020 chambres réparties sur un complexe de 24 hectares en bordure de plage. Cet établissement 5 étoiles offre une gamme complète de services incluant six restaurants thématiques, quatre bars, trois piscines dont une réservée aux adultes, et un spa de 1 200 mètres carrés. Les installations sportives comprennent des terrains de tennis, un parcours de golf miniature et un centre de sports nautiques entièrement équipé.

Le Melia Llana Beach Resort & Spa complète cette offre premium avec ses 319 suites face à l’océan, distribuées dans des bâtiments de style colonial moderne. L’établissement se distingue par son concept adults-only et ses prestations haut de gamme : restaurant gastronomique signé par un chef étoilé, cave à vins climatisée, parcours de golf 18 trous conçu par un architecte renommé, et centre de thalassothérapie proposant des soins aux algues marines locales. Ces complexes génèrent une économie touristique dynamique, employant plus de 3 000 personnes locales et contribuant significativement au PIB insulaire.

Resorts de boa vista : iberostar club et royal horizons

Boa Vista a développé une approche touristique privilégiant l’intégration paysagère et le respect des écosystèmes naturels. L’Iberostar Club Boa Vista s’étend sur 15 hectares de jardins tropicaux, proposant 516 chambres dans des bâtiments de deux étages maximum pour préserver les perspectives visuelles. Le complexe met l’accent sur la durabilité environnementale avec une station d’épuration des eaux usées, des panneaux solaires pour le chauffage de l’eau et un programme de protection des tortues marines en partenariat avec des ONG locales.

Le Royal Horizons Boa Vista adopte une philosophie similaire avec ses 468 chambres réparties en villages thématiques inspirés de l’architecture traditionnelle capverdienne. L’établissement propose des excursions éco-responsables vers les sites naturels préservés de l’île, incluant l’observation des tortues luth pendant la période de ponte (juin à octobre) et des safaris photographiques dans le désert de Viana. Cette approche du tourisme durable attire une clientèle soucieuse de l’impact environnemental, principalement européenne et sensibilisée aux questions écologiques.

Connectivité aérienne : aéroport amílcar cabral vs aéroport aristides pereira

L’aéroport international Amílcar Cabral de Sal traite annuellement plus de 2 millions de passagers, confirmant son statut de principal hub aérien de l’archipel. Les infrastructures comprennent une piste de 3 270 mètres capable d’accueillir les long-courriers intercontinentaux, un terminal moderne de 40 000 mètres carrés inauguré en 2019, et des capacités de stationnement pour 25 aéronefs simultanément. Plus de 20 compagnies aériennes y opèrent des liaisons régulières vers l’Europe, l’Afrique de l’Ouest et l’Amérique du Nord, avec des fréquences quotidiennes depuis Lisbonne, Madrid et Paris.

L’aéroport Aristides Pereira de Boa Vista, bien que plus modeste avec 800 000 passagers annuels, dessert efficacement les marchés européens prioritaires. Sa piste de 2 100 mètres et son terminal de 8 000 mètres carrés suffisent aux besoins actuels, principalement orientés vers les vols charters et les liaisons régulières avec Londres, Milan et Francfort. Les projets d’extension prévoient l’allongement de la piste à 2 800 mètres d’ici 2026 pour accueillir des appareils plus importants et développer les connexions directes avec l’Amérique. Cette accessibilité aérienne différenciée influence directement les flux touristiques et les profils de clientèle de chaque île.

Infrastructures portuaires et transport maritime inter-îles

Les installations portuaires de Sal et Boa Vista reflètent leurs vocations distinctes au sein de l’archipel. Le port de Palmeira à Sal combine activités commerciales et touristiques, avec un terminal de croisières capable d’accueillir des navires de 300 mètres de long. Les infrastructures incluent un port de plaisance de 120 places pour les yachts privés, des installations de ravitaillement en carburant et des services de maintenance navale. Le trafic annuel dépasse 150 000 tonnes de marchandises, incluant les produits pétroliers, les matériaux de construction et les biens de consommation destinés aux hôtels.

Boa Vista dispose du port de Sal Rei, plus modeste mais stratégiquement positionné pour les liaisons inter-îles et la pêche artisanale. Ce port naturel protégé accueille les ferries réguliers vers Santiago et Fogo, ainsi que les embarcations de pêche traditionnelles qui alimentent les marchés locaux en poissons frais. Les projets de modernisation prévoient la construction d’un nouveau terminal passagers et l’extension du quai commercial pour diversifier l’économie insulaire. Cette connectivité maritime facilite les circuits multi-îles et contribue à l’authenticité de l’expérience touristique.

Écosystèmes marins et biodiversité côtière

Les eaux territoriales entourant Sal et Boa Vista abritent des écosystèmes marins d’une richesse exceptionnelle, classés parmi les plus préservés de l’Atlantique tropical. Ces zones marines protégées s’étendent sur plus de 15 000 kilomètres carrés et constituent un sanctuaire pour de nombreuses espèces endémiques et migratrices. Les récifs coralliens, bien que moins développés que dans d’autres régions tropicales, hébergent plus de 250 espèces de poissons tropicaux, incluant des variétés rares comme le mérou géant de l’Atlantique et le barracuda royal.

La biodiversité marine se caractérise par la présence de cinq espèces de tortues marines, dont la tortue luth qui fréquente les côtes de Boa Vista pour la reproduction entre juin et octobre. Ces géants marins, pouvant atteindre 700 kilos, choisissent les plages de sable fin de l’île pour creuser leurs nids, créant un spectacle naturel extraordinaire. Sal accueille principalement la tortue caouanne, plus petite mais également protégée, qui privilégie les zones rocheuses pour l’alimentation en crustacés et mollusques. Les programmes de conservation impliquent les communautés locales et les établissements touristiques dans la surveillance des sites de ponte.

Les eaux capverdiennes constituent l’une des dernières zones de reproduction des baleines à bosse de l’Atlantique Nord, avec plus de 3 000 individus observés annuellement entre février et

mai. Ces mammifères marins utilisent les eaux chaudes de l’archipel comme zone de reproduction et de mise bas, offrant aux visiteurs des opportunités d’observation exceptionnelles depuis les côtes ou lors d’excursions en mer.

L’écosystème marin de Boa Vista se distingue par ses prairies de posidonies qui s’étendent sur plus de 200 kilomètres carrés, constituant des nurseries essentielles pour de nombreuses espèces juvéniles. Ces herbiers sous-marins filtrent naturellement l’eau de mer et maintiennent la clarté exceptionnelle des lagons côtiers. Les formations coralliennes de Sal, bien qu’impactées par l’extraction historique de sable, montrent des signes encourageants de régénération grâce aux programmes de restauration marine mis en place depuis 2018. Les zones de protection intégrale interdisent toute activité extractive dans un rayon de 2 kilomètres autour des principaux récifs.

Les courants océaniques qui baignent les deux îles transportent des nutriments essentiels depuis les upwellings mauritaniens, créant une productivité marine remarquable. Cette richesse nutritionnelle explique la diversité des espèces pélagiques observées, incluant les marlins bleus, les thons obèses et les dorades coryphènes. Les fonds marins révèlent également des épaves historiques, témoins de l’intense activité maritime de l’époque coloniale, aujourd’hui colonisées par une faune fixée diversifiée qui enrichit les sites de plongée.

Activités nautiques et sports aquatiques spécialisés

Spots de kitesurf de renommée mondiale : ponta preta et santa maria

L’île de Sal s’est imposée comme une destination de référence mondiale pour le kitesurf, attirant chaque année les meilleurs riders internationaux et les passionnés de glisse. Ponta Preta constitue le spot emblématique, reconnu pour ses vagues puissantes et constantes qui déferlent sur un récif de corail peu profond. Ce site exceptionnel accueille régulièrement des compétitions de niveau mondial, notamment la Cape Verde Pro qui fait partie du circuit professionnel de la World Surf League. Les conditions optimales se caractérisent par des vents de force 4 à 6 Beaufort, soufflant de façon quasi permanente entre novembre et mai.

Santa Maria Beach complète cette offre avec un spot plus accessible aux débutants et aux niveaux intermédiaires. La baie protégée offre des eaux plates idéales pour l’apprentissage, avec plusieurs écoles certifiées proposant des cours dispensés par des instructeurs multilingues. L’infrastructure dédiée comprend des stations de gonflage, des vestiaires équipés et des zones de stockage sécurisées pour le matériel. Le vent thermique se renforce progressivement dans l’après-midi, permettant aux kitesurfeurs expérimentés de pratiquer des figures avancées en toute sécurité.

Boa Vista propose des conditions de kitesurf différentes mais tout aussi attractives, particulièrement sur la côte est où les vents alizés rencontrent moins d’obstacles. Les spots de Praia de Cruz et Curral Velho offrent des sessions dans un cadre plus sauvage, avec des eaux turquoise et des plages désertes à perte de vue. Cette authenticité préservée séduit les kitesurfeurs en quête d’expériences uniques, loin des foules touristiques habituelles.

Plongée sous-marine : épaves et récifs coralliens accessibles

Les fonds marins entourant Sal et Boa Vista offrent une diversité de sites de plongée adaptés à tous les niveaux d’expérience. L’épave du Kwarcit, coulée volontairement en 2006 près de Santa Maria, constitue l’un des sites les plus spectaculaires de l’archipel. Ce cargo de 80 mètres de long repose par 22 mètres de fond, créant un récif artificiel colonisé par une faune marine abondante. Les plongeurs y observent régulièrement des murènes géantes, des mérous tropicaux et des bancs de carangues argentées qui évoluent entre les structures métalliques.

Le site de Buracona, surnommé « l’œil bleu », propose une expérience de plongée unique dans une grotte sous-marine illuminée par la lumière naturelle. Cette formation géologique volcanique crée des jeux de lumière exceptionnels, particulièrement photogéniques entre 10h et 14h lorsque le soleil est au zénith. La profondeur maximale de 15 mètres rend ce site accessible aux plongeurs Open Water, tandis que les grottes latérales réservent des surprises aux niveaux avancés.

Boa Vista se distingue par ses tombants coralliens préservés, notamment au large de Sal Rei où les formations coralliennes descendent jusqu’à 40 mètres de profondeur. Ces jardins sous-marins abritent une biodiversité remarquable, incluant des espèces rares comme le poisson-ange royal et le perroquet à bosse. Les centres de plongée certifiés PADI proposent des sorties quotidiennes avec des guides locaux formés à l’identification des espèces endémiques et à la sensibilisation environnementale.

Windsurf et conditions météorologiques optimales

Le windsurf trouve sur les côtes de Sal et Boa Vista des conditions exceptionnelles qui attirent des véliplanchistes du monde entier. Les vents alizés du nord-est, renforcés par l’effet venturi entre les îles, maintiennent des vitesses comprises entre 15 et 25 nœuds pendant plus de 300 jours par an. Cette constance remarquable permet aux riders de planifier leurs sessions avec une fiabilité rare dans d’autres destinations tropicales. La température de l’eau, stable entre 22°C et 26°C selon la saison, autorise la pratique en combinaison courte toute l’année.

Sal offre plusieurs spots adaptés aux différents niveaux : la plage de Santa Maria pour les débutants avec son plan d’eau protégé, Ponta do Sino pour les véliplanchistes confirmés recherchant des conditions de vagues, et Kite Beach pour les sessions de vitesse sur plan d’eau. Les écoles locales proposent du matériel de dernière génération et des formules d’apprentissage progressives, depuis l’initiation sur simulateur terrestre jusqu’aux sorties en autonomie accompagnée.

Boa Vista présente l’avantage de spots moins fréquentés où les windsurfeurs peuvent évoluer dans un cadre naturel préservé. La côte nord-ouest offre des conditions de slalom idéales, tandis que les lagons du sud permettent la pratique du freestyle dans des eaux peu profondes. Les compétitions internationales organisées annuellement attirent les professionnels et contribuent au rayonnement de l’île comme destination windsurf de premier plan.

Pêche sportive hauturière : espèces pélagiques et techniques

Les eaux profondes entourant Sal et Boa Vista constituent un territoire de chasse exceptionnel pour les espèces pélagiques les plus prisées des pêcheurs sportifs. La proximité de la fosse océanique permet d’atteindre des profondeurs de plus de 1000 mètres en moins de 30 minutes de navigation, offrant un accès direct aux zones de pêche les plus productives. Les marlins bleus, pouvant dépasser 300 kilos, fréquentent ces eaux entre mai et octobre, période correspondant à leur migration reproductrice vers les zones équatoriales.

Les techniques de pêche adaptées incluent la traîne lourde pour les gros pélagiques, avec des leurres spécialement conçus pour les conditions tropicales. Les capitaines locaux, héritiers d’une tradition de pêche séculaire, maîtrisent parfaitement les courants et les zones d’alimentation des différentes espèces. Le thon obèse, la dorade coryphène et le wahoo complètent le tableau de chasse, offrant aux pêcheurs une diversité d’expériences et de techniques de combat.

Les prestations professionnelles incluent des embarcations équipées de matériel de pêche haut de gamme, de systèmes de navigation GPS et de sondes pour localiser les bancs de poissons. Les sorties d’une journée complète permettent d’explorer plusieurs zones de pêche et d’adapter les techniques selon les conditions rencontrées. Cette pêche responsable pratique le no-kill pour les espèces protégées et contribue aux programmes scientifiques de suivi des populations pélagiques.

Patrimoine culturel et authenticité locale

L’héritage culturel de Sal et Boa Vista reflète la richesse du métissage capverdien, mélange harmonieux d’influences africaines, européennes et créoles. Sal, malgré son développement touristique récent, conserve des témoignages de son passé d’exploitation saline dans le village d’Espargos et les installations historiques de Pedra de Lume. Ces sites industriels du XVIIIe siècle, aujourd’hui reconvertis en attractions touristiques, racontent l’histoire économique de l’île et l’importance du commerce atlantique pour l’archipel. Les anciennes maisons des contremaîtres, construites en pierre volcanique locale, illustrent l’architecture coloniale adaptée aux conditions climatiques tropicales.

Boa Vista préserve une authenticité culturelle plus prononcée, notamment dans la ville de Sal Rei où l’architecture traditionnelle côtoie les témoignages de l’époque coloniale. L’église Nossa Senhora de Fátima, construite en 1828, présente un style néo-classique unique dans l’archipel, avec sa façade blanche ornée de motifs géométriques inspirés de l’art islamique. Le marché municipal perpétue les traditions commerciales locales, proposant des produits artisanaux comme les tissus teints à l’indigo et les bijoux en argent façonnés selon des techniques ancestrales transmises de génération en génération.

La musique occupe une place centrale dans l’identité culturelle des deux îles. Sal accueille chaque année le festival de morna et coladeira qui célèbre les genres musicaux emblématiques du Cap-Vert, attirant des artistes internationaux et révélant de nouveaux talents locaux. Les soirées traditionnelles dans les quintas (places publiques) permettent aux visiteurs de découvrir la richesse du patrimoine musical, depuis les ballades mélancoliques accompagnées de guitares jusqu’aux rythmes entraînants du funana. Cette expression artistique vivante constitue un vecteur essentiel de préservation et de transmission de l’identité capverdienne.

Les traditions culinaires révèlent également la diversité du patrimoine local. La cachupa, plat national préparé différemment sur chaque île, illustre l’adaptation des recettes aux ressources disponibles. Boa Vista se distingue par ses spécialités de poissons séchés et ses fromages de chèvre, tandis que Sal propose des innovations gastronomiques mêlant techniques culinaires internationales et ingrédients locaux. Les restaurants familiaux perpetuent les savoir-faire traditionnels, utilisant des épices cultivées dans les jardins insulaires et des techniques de conservation héritées de l’époque des navigations atlantiques.

Budget et coût de séjour comparatif

L’analyse économique d’un séjour à Sal ou Boa Vista révèle des différences substantielles qui influencent directement le choix de destination selon le budget disponible. Sal présente généralement des coûts supérieurs, reflétant son positionnement haut de gamme et sa maturité touristique. Un séjour de 7 nuits en formule tout-inclus dans un établissement 4 étoiles oscille entre 1200€ et 1800€ par personne selon la saison, incluant le vol depuis l’Europe, l’hébergement et la restauration. Les établissements 5 étoiles atteignent des tarifs de 2500€ à 3500€ par personne, justifiés par des prestations premium et des infrastructures sophistiquées.

Boa Vista propose des tarifs généralement inférieurs de 15% à 25% pour des prestations équivalentes, positionnant l’île comme une alternative économique attractive. Les formules tout-inclus débutent à 900€ par personne pour 7 nuits dans des établissements 3 étoiles confortables, tandis que les resorts 4 étoiles affichent des prix compris entre 1000€ et 1400€ par personne. Cette différence tarifaire s’explique par une offre hôtelière moins développée et des coûts d’exploitation réduits grâce à une intégration plus importante de la main-d’œuvre locale.

Les dépenses sur place varient également entre les deux destinations. Sal présente un coût de la vie touristique plus élevé, avec des restaurants indépendants proposant des menus à partir de 25€ et des activités nautiques facturées entre 50€ et 150€ selon la prestation. Les excursions terrestres, incluant la visite des salines et les tours en 4×4, s’établissent entre 40€ et 80€ par personne. À Boa Vista, les tarifs sont généralement inférieurs de 20% à 30%, les restaurants locaux proposant des repas complets à partir de 18€ et les activités d’observation de la nature affichant des prix plus abordables.

Le transport local constitue un poste budgétaire non négligeable. Sal dispose d’un réseau de taxis organisé avec des tarifs officiels, facturant environ 15€ la course entre l’aéroport et Santa Maria. La location de véhicules s’établit à partir de 35€ par jour pour une catégorie économique. Boa Vista présente des coûts de transport similaires mais offre davantage d’alternatives économiques, notamment les transports collectifs locaux (aluguers) qui permettent de se déplacer pour moins de 3€ entre les principales localités. Cette accessibilité financière démocratise la découverte de l’île et favorise les échanges avec les populations locales.

Les coûts cachés méritent une attention particulière dans le calcul du budget global. Sal présente des frais annexes plus importants : taxes touristiques de 2€ par nuit et par personne, pourboires attendus dans les établissements haut de gamme (5% à 10% du montant de la facture), et surcoûts fréquents pour les activités optionnelles non incluses dans les forfaits. Boa Vista maintient une approche plus transparente avec des tarifs tout-inclus généralement plus exhaustifs et des frais additionnels limités aux souvenirs et aux communications internationales.